Mettre en place un système d’abonnement illimité aux prestations d’avocat

Vous êtes avocat, vous avez récemment créé votre cabinet et souhaitez mettre en place un système d’abonnement illimité aux prestations d’avocat à l’attention de vos clients.

Voici 5 étapes recommandées par notre expert Christophe Landat, avocat au Barreau de Montpellier et fondateur du Cabinet Getavocat.

Il nous livre d’abord une expérience récente, qui l’a rendu légèrement pessimiste sur ce projet. Deux entrepreneurs ont récemment fait une étude de marché par rapport à son projet d’abonnement juridique, et les retours n’ont pas été positifs, en raison notamment d’un manque d’intérêt chez les avocats.

  • Identifier sa niche, sa zone de confort

Ne pas hésiter à déborder si vous avez une passion en dehors du droit, montre votre passion. Il faut aussi réellement s’intéresser de manière large aux personnes à qui l’on s’adresse.

  • Être présent sur le web

Il faut d’abord se demander comment faire son site web, à savoir un site web vitrine (pas très utile), ou un site web qui a vocation à avoir du trafic, et qui va apparaître dans les pages de référencement, pour être visible.

Il faut donc en parallèle se poser la question de l’outil à utiliser pour créer le site web. Il est possible de créer un site web avec un Content Management System (CMS) comme Kiubu, conçu techniquement pour favoriser le référencement naturel.

Sur le site, il faut privilégier la qualité du contenu et de l’information délivrée à la longueur du texte, il faut vulgariser peut-être par des vidéos parlantes, plutôt que par des textes. Le format est important car les gens ne prennent plus le temps de lire.

  • Étudier son modèle économique

Il faut savoir comment vous faites de l’argent, comment vous arrivez à monétiser vos compétences. Ça peut être de la consultation pure, des expertises, la manière d’aborder une problématique bien particulière.

  • La tarification

Quel est le prix référence pertinent dans ton domaine ?

C’est difficile à trouver, et cela relève l’incompétence des avocats en matière commerciale. Demain, l’avocat compétent sera celui qui aura au moins une formation commerciale.

C’est de savoir ce que quelqu’un accepte de payer pour un abonnement mensuel.

Le seuil de rentabilité, c’est essentiel.

Il faut aussi connaître son objectif.

  • L’agilité

Il faut savoir s’adapter aux innovations.

CONCLUSION

Si vous avez une idée originale dans le monde juridique, lancez-vous et vous pourrez vite vous faire remarquer.

Vous préférez l’audio ? Écoutez le podcast dans son intégralité.

L’avis de l’expert :

Question : Comment parvenir à démocratiser le droit aujourd’hui, et comment rapprocher le client lambda de l’avocat ?

Réponse : Certains évènements laissent à penser qu’il y a effectivement des choses qui vont se produire.

Aujourd’hui, même dans le domaine judiciaire, on constate déjà un énorme fossé entre les avocats et les magistrats, et la défiance qui s’instaure. La magistrature rencontre des problématiques similaires à celles que rencontrent les avocats, à savoir que l’innovation n’a pas sa place, le législateur va souvent dans le sens de la complexité, en souhaitant écarter les avocats des tribunaux.

Le développement important d’une justice privée (transaction, arbitrage) pourrait justifier le lancement d’une plateforme qui permettrait notamment aux entrepreneurs de régler leurs litiges en ligne, et en laquelle ils auraient entièrement confiance.

Aujourd’hui, pour un litige inférieur à 5.000 euros, ce n’est pas forcément pertinent de faire un procès. D’autant que les procédures judiciaires sont devenues très compliquées. C’est à se demander si l’État ne complexifie pas les procédures judiciaires à dessein, pour dissuader les justiciables d’entamer des procédures.

Aujourd’hui, la technologie blockchain peut permettre d’introduire la notion de résolution des litiges de petite ou moyenne importance, chez les professionnels d’abord, et peut-être demain chez les particuliers.

Nous constaterons aussi sans doute prochainement l’entrée des chaînes de télévision de manière permanente dans les salles d’audience. Il y a un réel problème de publicité, du respect du secret professionnel et de l’instruction aujourd’hui.

Il y a également un problème de délimitation des pouvoirs de chacun, le monde judiciaire aujourd’hui empiète beaucoup sur le monde politique, et pas toujours de manière désintéressée.

Il y aura sans doute également le sujet de la passerelle entre la profession d’avocat et la profession de magistrat. Aujourd’hui c’est très compliqué pour un avocat de devenir magistrat, alors que l’inverse est une simple formalité.

Autre chose qui aurait vocation à accompagner le développement des legal techs, serait la création par exemple d’un label « Conseil National des Barreaux », qui pourrait être octroyé à des legal techs ou à des legal startups, pour assurer le sérieux qui doit accompagner le maniement d’une activité juridique.

Un autre élément à prendre en compte et à développer serait l’idée des statistiques juridiques et judiciaires, qui permettront d’estimer le pourcentage de chance de réussite d’un procès avant d’entamer une procédure.

Il y a enfin le langage clair, le legal design, et pourquoi pas, le legal gaming, qui consiste à s’amuser un peu avec le droit, pour faire en sorte que les gens aient envie de lire les conditions générales qu’ils ne lisent généralement jamais, ce qui permettrait éventuellement de réduire le nombre de contentieux.

En matière d’innovation dans le monde juridique, « le passé est un prologue ».

Vous avez aimé l'article ? Partagez-le !

Facebook
Twitter
LinkedIn
Email
WhatsApp
Image de Christophe Landat

Christophe Landat

Fondateur GetAvocat - TIC - Abonnements juridiques Head of Legal - Co-founder Axeptio